Informatique : Alliance d’une science inexacte et d’une activité humaine faillible. Luc Fayard
Les organisations consacrent beaucoup de temps et d’argent pour implanter des progiciels de gestion intégrés ERP (Enterprise Resource Planning) dans l’espoir d’améliorer la gestion de leurs opérations. Toutefois, selon plusieurs études, plus de 50 % de ces implantations ratent leurs objectifs, explosent leur budget et leur échéancier, sont interrompus avant terme, ou pire encore, détériorent la performance de votre entreprise.
Mon expérience professionnelle confirme ces chiffres. Depuis vingt (20) ans, j’ai rencontré des centaines d’organisations ayant mis en œuvre un progiciel ERP. Malgré ces coûteux progiciels, toutes ces organisations continuaient d’utiliser de nombreux fichiers Excel pour gérer leurs opérations sur le GEMBA.
Le GEMBA est un mot japonais utilisé par les praticiens du LEAN pour désigner l’endroit où vos gestionnaires de premier niveau et vos employés de première ligne produisent la valeur ajoutée pour vos clients.
ERP ne signifie pas « Excel Replacement Program »
Les progiciels ERP utilisent des modèles déterministes pour planifier, organiser, diriger et contrôler vos opérations. Malheureusement, une grande quantité de variables inconnues, non contrôlées ou indépendantes de votre organisation sabordent régulièrement les plans opérationnels (achats, production, logistique, etc.) établis par votre progiciel ERP.
D’ailleurs selon Masaaki Imai, spécialiste japonais du Kaizen (amélioration continue) : « Tout sur le GEMBA se détériore naturellement si on n‘en prend pas soin. C‘est la raison pour laquelle le GEMBA a besoin d‘être continuellement maintenu et amélioré ».
Vos gestionnaires n’ont souvent pas d’autre choix que de reprendre et de préciser ces plans opérationnels « théoriques » générés par votre progiciel ERP. Excel devient alors leur meilleur ami. Les mêmes informations sont retranscrites à maintes reprises et manipulées isolément sur Excel dans tous vos départements.
Pourtant, les vendeurs du temple TI continuent de proclamer à tous les vents que leur progiciel ERP intègre toutes les données de gestion afin d’assurer leur intégrité et d’éviter leur redondance. Le rêve d’une gestion intégrée des informations ne demeure qu’un argument de vente non observé sur le GEMBA.
C’est simple de faire compliquer, mais c’est compliqué de faire simple
Je ne suis pas contre les progiciels ERP. Ils sont mêmes indispensables au succès de votre organisation. Toutefois, je pense que leurs arguments de vente et leurs coûts sont souvent démesurés par rapport à l’utilisation qui en est faite.
Les progiciels ERP sont une solution compliquée pour la gestion de vos opérations sur le GEMBA. De nombreux praticiens du LEAN préfèrent utiliser le management visuel pour relever ce défi. Le management visuel est une solution simple et peu coûteuse pour ordonnancer, contrôler et améliorer vos opérations sur le GEMBA.
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18 décembre 2011 
Je suis également d’avis que les ERP ne répondent pas nativement à toutes les spécificités des organisations. Spécificités qui sont aussi la culture d’entreprise, l’organisation du travail, le savoir faire des employés et les actifs informationnels.
L’analyse des processus d’affaires et les choix d’intégration doivent tenir compte de ces spécificités.
Puisqu’un ERP ne fait pas tous, il sera impossible d’améliorer les opérations sur le GEMBA sans l’adhésion et la collaboration des employés. Il faut donc porter une grande attention à la résistance aux changements et s’assurer que la majorité cheminent positivement durant toute l’implantation.
À terme, les ressources clés doivent avoir acquis un minimum de confiance envers l’ERP afin de permettre la récupération des bénéfices tels que la réaffectation des ressources humaines et l’élimination des formulaires, fichiers Excel etc.
Merci Ghislain pour ton commentaire éclairé. Je suis d’accord avec toi que la résistance aux changements est un facteur déterminant dans l’implantation d’un ERP.
Je pense que vous avez tout à fait raison. Par contre, le succès de l’implantation d’un ERP passe par un choix judicieux de celui-ci. Au Québec, nous avons le Centre de productique intégré qui peut grandement nous aider à évaluer nos besoins et à trouver les logiciels adéquats. De plus, un ERP représente virtuellement ce que nos employés ont dans leur cerveau, ce qui implique que le choix des ressources à l’interne demeure très important. Ces ressources doivent être capables de simplifier les processus. Pourquoi utiliser des fichiers Excel ??? Les entreprises utilisent des fichiers Excel externes simplement parce qu’ils connaissent son fonctionnement. Une ressource à l’interne en amélioration continue devrait être formée pour améliorer le ERP en utilisant des générateurs de rapports automatisés toujours en lien avec les ERP. Le logiciel devrait nous donner des informations utiles à la prise de décision le plus rapidement possible. Par contre, ce n’est pas celui-ci qui vous générera de la productivité dans l’usine, mais plutôt l’utilisation que vous en ferez. Il devrait simplement servir à éviter que des dossiers tombent entre deux chaises en plus de réduire au maximum les ressources à l’interne au niveau administratif. Conseils: Choix judicieux du logiciel, valider les implantations similaires de celui-ci chez des clients, choix des ressources internes et discipline, discipline, discipline !!! Évitez de prendre des ressources internes qui cherchent la perfection et qui termineront l’implantation dans un délai beaucoup trop long. Allez-y étape par étape. De plus, la résistance au changement sera un facteur primordial à l’interne. Il ne faut pas la négliger !!!
Merci Serge. La formation d’une ressource interne en AC pour produire des rapports adaptés aux besoins de l’entreprise est une très bonne idée.
J’aime bien ce raisonnement. La simplicité est maîtresse. Et si je transpose au développement informatique, il faut oublier les Gantt et ces approches. Une méthode de planification appuyée par un tableau Scrum fait un très bon travail. Et pour se réajuster rapidement aux multiples variables externes, des cycles de production le plus court possible pour favoriser l’Agilité. Comme je fais avec Second Cycle qui se développe avec une philosophie « Lean Startup » tel que décrite par Éric Ries. http://www.startuplessonslearned.com/
Merci Frédéric. Je serais intéressé de voir un exemple de planification appuyé par un tableau Scrum.
Voici un blog qui illustre bien la méthode de planification avec un tableau SCRUM
http://www.mountaingoatsoftware.com/scrum/task-boards
Dans la littérature sur le sujet, le découpage des tâches pour un tableau SCRUM est souvent comparée au Kanban.
Merci Frédéric, c’est très apprécié. Je te souhaite du succès avec SecondCycle en 2012.
J’ai personnellement fait le tableau avec des post’its sur un grand mure. Je n’ai pas aimé, car trop d’informations sur le tableau. On s’y perd surtout lorsque que l’on Sprint aux deux ou trois semaines sur un projet de plus de 1000 jours.
J’ai rapidement remplacé le tableau (mure) par un outil de collaboration « Team Foundation Server ». J’y ai trouvé plusieurs avantages: minimum de configuration, rapport, processus intégré (analyse, développement, test et graduation), les programmeurs peuvent mettre à jour leurs tâches directement dans Visual Studio etc.
En somme, j’ai aimé la méthode agile pour gérer le quotidien (Scrum), mais pas pour la maitrise et contrôle du projet dans son ensemble : Calendrier, Budget, Ressource, Risque, Communication, Acquisition, Registre et Rapport de suivi…
Je suis donc un impure qui préfère la mixité des méthodes.
Salut, les post-it servent surtout à justifier l’acquisition de la solution lorsque les gains sont démontrés!
Pour ma part, j’utilise Jira et GreenHooper de Atlassian. Ceux-ci sont aussi intégré dans Visual Studio.
Et moi aussi je combine les outils car les aspects que tu mentionnes ne sont pas tous couvert par ces outils de gestions des tâches. Excel est un bon complément!
Entièrement raison. A mon avis le bon choix est un mix entre les deux, push (ERP) and pull (on floor or autres activités).
Merci Marcel. Ton commentaire démontre ton expertise en Lean. Je partage ton point de vue mais légèrement différemment, soit :
1- Push – Planification des besoins matières avec le ERP
2- Pull – Lancement de la production sur réception des commandes (JAT)
3- Push – Fabrication avec un système CONWIP. Référence : http://jeanpierredube.com/2011/05/22/conwip-constant-work-in-process/