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Réflexions sur la gestion durable et responsable

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Par Alain Fiset

J’ai toujours cherché un indicateur facile à mesurer et à comprendre, pour évaluer notre santé environnementale. Avez-vous déjà entendu : je ne vois pas la forêt, car un arbre me cache! C’est exactement ce qui nous arrive. Cet indicateur est si près de nous qu’on ne le voit pas, car on le sous-estime et on le prend pour acquis. Cet indicateur est la forêt!

Dès les débuts de la civilisation et jusqu’à aujourd’hui, la déforestation a été provoquée par :

  • L’agriculture
  • La construction de bateaux de guerres
  • Le désir et le besoin de nous procurer du confort par le chauffage et l’électricité
  • Les développements immobiliers, commerciaux et industriels
  • Nos besoins de consommations…

Toutefois, on oublie que la forêt est une ressource essentielle de survie, car elle:

  • Abrite notre écosystème
  • Nous procure de l’oxygène
  • Filtre l’eau
  • Nourrit la terre…

Ce n’est pas le principe d’utiliser la forêt qui pose problème, car elle est une ressource renouvelable. C’est plutôt la vitesse à laquelle on la détruit par rapport à sa vitesse de régénération.

Malgré notre grande intelligence, nous sommes de façon générale presque toujours en réaction, et ce, depuis longtemps. Par exemple, les écoles forestières sont nées en Suède en 1825, lorsque l’Europe a pris conscience d’une déforestation presque globale de leur territoire. Il était alors nécessaire d’assurer un aménagement durable de la forêt, elle qui avait été excessivement abusée.

La même école est née en 1910 à l’Université Laval. Pouvez-vous croire qu’aucun industriel au Québec n’avait encore engagé de diplômés en foresterie avant 1983? Peut-être n’en voyaient-ils pas les avantages sur la rentabilité!

Ça ne date pas d’hier que ceux qui se préoccupent d’une exploitation raisonnable et limitée des ressources naturelles sont marginalisés. Toutefois, ces mêmes industriels qui abusent des ressources sont les premiers à demander de l’aide au gouvernement lorsque la ressource n’est plus rentable.

L’appât du gain n’a pas de limite. On fait tout ce qu’on peut pour notre propre bénéfice, sans penser aux autres et à demain!

La même histoire se reproduira avec le pétrole, suite à son exploitation abusive. On attendra une crise pour changer nos habitudes de vie. Sauf que dans ce cas, la ressource n’est pas renouvelable et qu’elle a des conséquences dévastatrices suite à son utilisation. Plusieurs autres ressources essentielles pourraient nous faire défaut dans les prochaines années.

Le phosphate en est une non négligeable dont l’agriculture a bien besoin. Il est prévu qu’autour de 2030, les réserves tirent à leur fin. Ironiquement, il y en a trop dans nos lacs, source d’algues bleues, mais pas suffisamment comme ressource exploitable pour soutenir la croissance de nos besoins.

Les gadgets de type iPod, iPad, ordinateur… utilisent aussi des terres rares. Ces ressources, lorsqu’épuisées, ne pourront plus contribuer à notre équilibre écologique, en plus d’avoir des impacts importants sur notre environnement dans leur nouvelle forme et en dépotoir!

Le choix des composantes utilisées a un impact significatif sur notre santé et notre avenir. Des études sur le BPA (Bisphénol A) qui se retrouve dans les plastiques démontrent des impacts sur la puberté et la capacité de reproduction.

Les impacts de notre façon abusive et irrespectueuse d’agir sont globaux. On retrouve même des molécules de retardateurs de flammes dans les graisses de l’ours polaire!

Ce discours n’a pas pour objectif d’être pessimiste, mais plutôt réaliste, car il est préoccupant. Il y a des solutions, mais nous devons agir sans tarder, car ce ne sont pas nos emplois qui sont en périls, mais plutôt notre qualité de vie, sinon notre survie.

Voici quelques pistes de solution :

  • Des choix responsables de composantes utilisés en chimie, en agriculture, dans notre consommation, en technologie…
  • L’intégration des disciplines par des équipes multidisciplinaires pour des solutions mieux harmonisées globalement
  • Une vision globale avec une pensée cycle de vie pour de meilleures décisions locales
  • Des indicateurs de performance de nos forêts, considérés en importance à même titre que le PIB (produit intérieur brut)
  • La responsabilisation de chacun d’entre nous, décideurs, employés, citoyens et consommateurs
  • L’internalisation des vrais coûts d’utilisations, selon les conséquents des impacts générés

Il existe des outils faciles à utiliser pour aider les petites et les grandes organisations à s’évaluer et passer aux actes. Le BNQ 21000 en est un développé ici au Québec. Il y a aussi le GRI.

Voici un tableau qui présente différents niveaux de maturité des organisations, selon différents niveaux de culture :

Jean-Pierre Dubé - Stades de maturité du développement durable

Statistiquement, les Québécois n’ont pas une réputation enviable par leurs comportements. Nous sommes parmi les peuples qui consomment le plus, pour satisfaire les différents besoins que l’on se créés, au profit à court terme de l’enrichissement des actionnaires et au détriment de notre futur collectif!

Avons-nous besoin de toujours nous enrichir de façon excessive? Les gens les plus heureux sont-ils vraiment ceux qui possèdent ou ceux qui partagent?

Si l’on regarde toutes les espèces qui nous entourent, je n’en connais aucune qui accumule de façon déraisonnable plus qu’elle en a besoin. Nous avons bâti une pensée magique où le bonheur requiert le luxe et l’excès. Paradoxalement, la simplicité est souvent plus réconfortante.

Les entreprises les plus respectées de demain seront celles qui auront su agir en toute humilité, avec générosité et audace!

C’est à chacun de nous de trouver un sens à un comportement responsable et d’innover dans nos solutions, pour délaisser le stade « réactif » et tendre vers celui de « générateur » de valeur globale!

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1Réponses surRéflexions sur la gestion durable et responsable"

  1. de Lichana dit :

    BRAVO à Alain Fiset pour ce billet bien opportun !
    Il offre la « piqûre de rappel » nécessaire de quelques fondamentaux lorsque l’on est , au delà des analyses, des intervenants sur notre environnement,global ou spécifique.
    Un petit commentaire quant à l’analyse « SWOT »: OUI pour une approche de survol. « POURQUOI PAS » pour une approche généraliste. « PAS SUFFISANTE » lorsque les professionnels ont besoin de prendre des décisions importantes.
    Il existe maintenant des approches autrement plus élaborées en ce qui concerne, à partir d’analyses fines -et complexes- la mise en oeuvre de synthèses par définitions très complexes.
    Ce qui n’enlève absolument rien à la qualité du billet d’Alain Fiset. Encore BRAVO!

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